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_ PHNOM PENH

Exposition RENAISSANCE lille3000

Musée de l'Hospice Comtesse

26 sept 2015 > 17 janv 2016

10h00 > 18h00
Organisé par : lille3000

Le 17 avril 1975 les soldats Khmers rouges entrent dans Phnom Penh et, en trois jours, vident la ville alors habitée par un million et demi de personnes. En dehors de quelques fonctionnaires et dignitaires du régime, la capitale devient une cité fantôme jusqu’à ce que les troupes vietnamiennes en prennent le contrôle le 17 janvier 1979. Ils trouvent une ville dégradée, sans électricité, aux rues défoncées dans lesquelles ont poussé des arbres, des immeubles dévastés.

Il faudra attendre le milieu des années quatre-vingt-dix pour que la reconstruction redonne à la ville l’attrait qu’elle avait auparavant, avec cette extension caractéristique et fluide que lui donnent des immeubles bas puisque rares sont ceux qui ont plus de deux étages. Aujourd’hui, la ville vit une transformation profonde et anarchique, sur fond de spéculation immobilière et de corruption, de développement incontrôlé, de destruction du patrimoine architectural – aussi bien colonial que celui des années soixante-dix, en béton, remarquable -, d’édification de tours et de bâtiments massifs. Si elle perd de son cachet et de son identité, si elle n’évite aucun des écueils connus dans les grandes villes asiatiques à la circulation infernale, Phnom Penh vit l’illusion d’avoir rejoint, à une vitesse sidérante, la « modernité ».

C’est dans ce contexte qu’une riche scène artistique est apparue, surprenante dans un aussi petit pays qui ne connaît aucun enseignement artistique digne de ce nom et qui reste très éloignée de ce qui se fait ailleurs dans le monde. Elle est singulière, innovante, marquée par des individualités fortes impossibles à rattacher à des courants internationaux et elle apparaît d’autant plus forte qu’elle ne se fonde sur aucun marché local. Tous ces artistes créent par nécessité profonde et, si certains commencent à être reconnus par les expatriés et quelques uns à l’international, c’est avant tout un besoin d’expression, de se définir, de se chercher et de se situer face à la situation actuelle du pays qui fonde leur expression.

Il est passionnant de voir comment cohabitent et dialoguent implicitement trois générations. Les survivants, parmi lesquels on distingue clairement entre ceux qui n’ont jamais quitté le pays et ceux qui sont revenus après des exils forcés. Puis la génération née après Pol Pot, celle des presque trentenaires profondément marqués par le génocide et qui trouvent des moyens de questionner aujourd’hui à l’aune de la mémoire. Et puis les tout jeunes, remuants, de plus en plus décomplexés, curieux, cultivés, rebelles à leur manière et en même temps attachés à leur culture, dont ils se revendiquent.

Qu’ils soient peintre, cinéaste, photographe, vidéaste, designer, sculpteur, graphiste, artiste de rue, tous ont en commun de questionner l’identité et de traduire leur réponse de façon pertinente. Une permanente tension entre tradition culturelle (dans le choix des matériaux, les références iconiques, les références aux formes traditionnelles) et incontestable inscription dans la réalité contemporaine traverse tous ces travaux qui, s’ils obéissent à des cohérences plastiques, ne sont jamais décoratifs : pas le temps et pas la peine…
Si les trois grands artistes reconnus au niveau international (Sopheap Pich, Rithy Panh, Leang Seckon) sont présents, l’essentiel de l’exposition présente des artistes jamais ou rarement présentés hors du Cambodge et avec des travaux récents, dont certains inédits.

Tous ensemble, ils posent la question de savoir comment l’on peut être cambodgien dans un pays qui, il y a à peine vingt ans, était entièrement détruit après quarante ans de conflit (ce fut le pays le plus bombardé durant la guerre dite du Vietnam avant de connaître le génocide khmer rouge et ses suites puisque les derniers des tenants de Pol Pot ne rendirent les armes que fin 1998) et comment l’on peut regarder vers l’avant alors que le pays s’emballe dans le consumérisme sous un régime autoritaire. Chacun à leur manière et tous ensemble ils jouent leur fonction d’artiste : poser les questions pertinentes à la société dans laquelle ils sont en train de créer. Ils alertent, à défaut d’avoir les réponses et ils le font dans une absolue sincérité qui marque la cohérence de leur pratique individuelle.

Commissariat : Christian Caujolle
Coordination artistique : Claire Baud-Berthier avec Leïla Pereira

AVEC : CHHAY MOEUN, VILA HIEK, KEN SVAY, THEANLY CHOV, SOPHAL NEAK, ANIDA YOEU ALI, EM RIEM, SECKON LEANG, SOKCHANLINA LIM, PHILONG SOVAN, TI TIT, VANNAK KHUN, LINA PHA, SOPHEAP PICH, HAK KIM, REMISSA MAK, RITHY PANH & MANG SARETH, KIMCHEAN KOY, DAVID MYERS

 

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  • adresse

    Musée de l'Hospice Comtesse
    32 Rue de la Monnaie, 59800 Lille, France

    horaires / accés :

    Musée de l'Hospice Comtesse,
    32 Rue de la Monnaie,
    59800 Lille

    Horaires d’ouverture :
    Lun : 14:00 > 18:00
    Mer > Dim : 10:00 > 18:00
    Fermé le mardi

    Fermé le 1er novembre : jour ferié

     

  • tarifs

    TARIFS :

    Individuels :
    Tarif plein : 4€
    Tarif réduit : 2€
    Gratuit (sous conditions)

    Visite Guidée Groupes (sur réservation) :
    Tarif plein : 20€
    Tarif réduit : 10€

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